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Métaphores et allégories

Mis à jour : 24 mai 2019

Par définition, Allégorie et Métaphore désignent la même approche mais dans deux domaines distincts.



  • L’Allégorie se réfère plus à l’art visuel : peinture, sculpture et même cinéma pourquoi pas. Toutefois, on peut considérer une allégorie sous forme de poème, un slam ou un rap (en jouant sur les sonorités par exemple).


  • La Métaphore, elle, est plus liée à l’écriture et passe par l’analogie.


Quant à la suggestion, dans notre domaine, il s’agit de paroles qui peuvent induire une transformation d’un état affectif ou autre. Donc la suggestion verbale peut user de toutes les formes disponibles. On exploite le V.A.K.O.G. (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif, gustatif) au complet, de manière concrète ou abstraite.


Il faut cependant considérer, de manière large, que tous ces outils sont destinés à obtenir un résultat précis, en fonction d’une problématique X, et donc que, toutes, deviennent des suggestions dans l’exercice de notre métier. C’est pourquoi il ne faut pas trop s’embêter avec les détails et il s’agit de se faire plaisir dans la forme.


Cela dit, revenons un instant à la technique pure, même si dans la vraie vie on n’a pas besoin de se torturer avec ces notions. Prenons, pour exemple, les feux sauvages (herpès)


Exemple d'allégorie : ce qui se passe en toi est comme une traînée de lave volcanique, des excroissances naissent dans des sensations de chaleur intense et transforment la surface de ta peau comme si un sol était soulevé, remodelé en pignons, en cratères et en sommets brûlants. Mais l’eau de la mer, comme un onguent, adoucit le tout et ramène la sérénité en ces lieux secoués. Peu à peu, les hauteurs s’apaisent et retrouvent la sérénité, comme un soufflé raté. Elles reprennent leur normalité de plaine saine et sereine……


Exemple de métaphore : Jour après jour, le moine zen contemplait la surface encore erratique du petit jardin de méditation qu’il avait entrepris. Çà et là, le sol s’obstinait à refuser l’horizontalité. Le moine, sans jamais s’énerver, contemplait ce lieu rebelle en voyant en lui la future beauté à naître. Jour après jour, il prenait soin de cette surface, usant de tous les outils à sa disposition. Ceux qui parfois l’avaient moqué ne pouvaient désormais qu’applaudir à ses efforts tant l’apparence des lieux se transformait et se transcendait dans la perfection de la ligne et la qualité de la texture…………..


Exemple de suggestion : Cet herpès attire pour le moment toute ton attention, il te semble que ta lèvre a pris 3 fois son volume et que tous, autour de toi, ne voient qu’elle. Mais souviens-toi de la chanson de Rock et Belles oreilles (groupe québécois) : le feu sauvage de l’amour. En réalité, c’est à cela que chacun pense en te voyant, tu reçois de l’amour, toi. Peu importe l’origine véritable de cette rougeur. Tous les yeux y voient la preuve que tu es aimé(e). Alors, prends le temps de t’aimer aussi. Dans quelques jours il n’y paraîtra plus et chaque seconde qui passe en réduit la taille et l’apparence parce que tu prends soin de toi…..


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Après ces exemples, on comprend que dans le travail de l’hypnothérapeute, les styles et les approches vont le plus souvent se mélanger, et il sera difficile d’aller vers une allégorie ou une métaphore à 100%. Ce qui compte, c’est la capacité du client à accepter un mode de communication qui lui fait vivre une forme de plaisir, dans la répétition et l’application de ce qu’il est venu chercher.


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Comme il est toujours bon de se cultiver un peu, soyons brièvement un peu plus pointus, et voyons comment les principes et techniques de la persuasion seront utiles à l’hypnothérapeute.


Récemment, les psychologues ont encore inventé un nouveau mot : la supersuasion. Il s’agit de rallier une opinion à sa cause de manière quasi instantanée, en suspendant, durant quelques secondes ou plus, l’esprit critique de l’interlocuteur ou, pour nous, du sujet hésitant.


Une anecdote illustre merveilleusement cette capacité. Elle a toutes les chances de ne pas être historiquement authentique, mais peu importe. Louis XI, fervent adepte de l’astrologie, apprend qu’un courtisan vient de prédire la mort d’un membre de la famille royale. Or, quelque temps plus tard, le décès survient tel qu'annoncé. Louis XI, toujours pratique, décide de rencontrer le courtisan avant de le faire défenestrer, et lui demande : « vous prétendez être capable de connaître le sort d’autrui. Donc dites-moi, quel sera votre sort, et combien de temps vous reste-t-il à vivre? ». Après un long moment de réflexion, l’astrologue répond : « Je mourrai exactement trois jours avant que votre majesté ne périsse. ». La supersuasion, c’est exactement cela.


De son côté Kevin Dutton, chercheur à l’institut Faraday du Collège Saint Edmund de l’Université de Cambridge, explique que les meilleurs orateurs ont toujours développés leurs argumentaires en trois points :


« Par exemple le veni, vidi, vici de Jules César. Sa magie tient à son efficacité : non seulement le troisième mot confirme et complète l’argument mais il confirme la connexion impliquée par les deux premiers termes. Plus de trois cela n’aurait plus de fin. Moins de trois et l’argument n’a plus de consistance. La conclusion ne pourrait être plus claire : plus un message est court, percutant et simple, plus il atteint sa cible. »


Pour un hypnothérapeute, le summum de l’art serait donc de dire à un sujet : approchez, asseyez-vous, dormez. Quel bonheur de parvenir à cela. On y arrive en effet, mais seulement avec une personne qui a déjà été hypnotisée auparavant. Il nous faut donc trouver plusieurs points sur lesquels nous appuyer pour parvenir au résultat le plus vite possible.


Il apparaît donc que le travail des mots consiste à rester simple. Les autres éléments trouvent leur réponse dans le contexte. Cette construction simple sera traduite à travers le texte par des suggestions qui s’organiseront, de plus, autour de 3 mots-clefs exprimant l’action à suivre – par exemple : mains serrées/ tête lourde/ dormez! Attention, en fonction du déroulement de votre histoire, les mots-clefs peuvent se déplacer et les actions se transformer.


Ce pacte se conclura aussi via l’incongruité de certains mots et phrases et une pointe d’humour. La simplicité demande la concision ce qui est moins facile que l’on croit. Une suggestion tenant compte de tous ces ingrédients donnera par exemple (je considère les personnes déjà sous hypnose ici) :


« Vous marchez sans difficulté dans un paysage de glace et de neige qui s’étend à perte de vue. Il fait froid, mais vous êtes bien. Un vent fort souffle par instant et vous entendez ses ronflements, il soulève la poudrerie en petits nuages comme du sucre à glacer. Vous avancez et soudain, vous êtes sur une surface qui fait penser à des milliers d’œufs pris dans la glace. Et voilà que certains de ces œufs éclatent et il en sort de petits oiseaux aux couleurs chatoyantes qui tournent autour de vous en projetant de la joie et du rire. En jouant, ils vous invitent à les attraper. Le rire s’empare de vous tout en courant aisément derrière les oiseaux…. (La suite ne fait que renforcer l’action). »


Ici le terme sucre à glacer est l’incongruité qui fait basculer la description et le déroulement de l’action. En ajoutant l’image des œufs, on favorise un basculement dans une rêverie de pâtisserie, de récompense, de plaisir et donc le rire viendra plus facilement.

Il est évident qu’il y a du travail. Mais c’est ce travail qui témoignera de votre efficacité et de votre savoir-faire. Mais, bien entendu, vous pouvez aussi avancer au feeling et en faire à votre tête.


Le point central de mon argumentation est qu'aujourd’hui, avec les nouvelles recherches et vérifications diverses, le processus apparaît d’une limpidité totale.


« La suggestion n’agit pas sur la volonté, mais sur l’imagination qui est l’élément dominant du subconscient, laquelle, à son tour, influe sur toutes les fonctions de notre organisme. En suggestionnant et en agissant sur l’imagination souvent on contraste avec la volonté, on réussit à obtenir les effets hypnotiques connus. La volonté n’y est pour rien, elle reste dans l’ombre, à moins qu’elle ne se mette au service de l’imagination. »


La suggestion efficace consiste à structurer des formulations qui soient acceptables par le sujet et qui soient transformées par lui-même en autosuggestions, donc en des consignes mentales immédiatement applicables. Ce n’est qu’une fois devenue autosuggestion que la suggestion opère.


Le chemin de cette acceptation passe par : l’évocation verbale d’un décor et d’une action logique dans ce décor, ou bien par des métaphores ou allégories. Le processus de l’autosuggestion quant à lui est déjà en marche et sera renforcé tout au long de la séance.


Plus la capacité imaginative de ces personnes sera importante, mieux l’hypnothérapeute saura construire un cadre magnifique, et plus le plaisir d’errer dans cet imaginaire sera grand.

C’est à partir de ces réflexions que Coué énonça quatre règles simples que l’on a tendance aujourd’hui à négliger et qui pourtant sont toujours, non seulement parfaitement adaptées à la réalité, mais fondamentales. Les voici :


  1. Lorsque la volonté et l’imagination sont en conflit, c’est toujours l’imagination qui l’emporte sans aucune exception.

  2. Dans l’opposition entre volonté et imagination, la force de l’imagination est proportionnelle au carré de la volonté.

  3. Lorsque la volonté et l’imagination sont d’accord, l’une ne s’ajoute pas à l’autre mais se multiplie par l’autre.

  4. L’imagination peut être éduquée.


L’hypnothérapeute travaille donc en collaboration avec les volontaires, sur les points 1 et 3. Comme on l’a vu, le patient accepte d’emblée de participer et donc laisse la place volontairement à l’imaginaire. Ensuite, si ce que propose l’hypnothérapeute est totalement acceptable, le point 2 se manifeste et les volontaires vont exprimer la totalité de ce que leurs visions et leurs sensations leur font vivre.


L’art de l’hypnothérapeute, une fois de plus, réside dans sa capacité à construire son texte et à le livrer. Il est important de se souvenir d’une chose essentielle, comme dans la sophronisation, dans l’hypnose thérapeutique la veille est constante ou peut l’être. Il n’est pas nécessaire de rechercher une perte de conscience ni de sommeil naturel. L’hypnose, comme la veille sophronique, peut avoir lieu les yeux ouverts.

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